En collaboration avec A. Lins Neto et J. Pereira de l'IMPA, D. Cerveau, F. Loray et F. Touzet travaillent sur les feuilletages holomorphes (singuliers) de codimension 1 sur les variétés complexes compactes, notamment autour de la conjecture suivante : un tel feuilletage est transversalement projectif, ou provient de la dimension 2 (c'est à dire pull-back par une application méromorphe d'un feuilletage de surface). Ils démontrent, sous l'existence d'un champ de vecteur méromorphe non tangent au feuilletage, que le feuilletage est transversalement projectif, ou provient d'un feuilletage sur une variété algébrique (dont la dimension est le degré de transcendance du corps des fonction méromorphes de la variété de départ sur C). Modulo l'hypothèse, on est ramené au cas algébrique. D. Cerveau montre avec A. Lins Neto que tout feuilletage de degré 3 sur CP(3) satisfait la conjecture : transversalement affine ou pull-back de CP(2). Ils établissent par ailleurs un théorème de Frobenius singulier à la Malgrange sur les espaces singuliers. Ce résultat intervient de façon profonde dans la description des hypersurfaces Levi-plates tangentes à un feuilletage holomorphe.
D. Cerveau, J. Déserti, D. Garba Belko et R. Meziani classifient les feuilletages quadratiques avec une seule singularité. Dans sa thèse, Ferrán Valdez établit un dictionnaire entre certains feuilletages homogènes et certains billiard polygonaux ; ceci lui permet de donner une description complète (jusqu'alors inconnue) des surfaces de translation associées à ces billiards.
F. Loray et J. Pereira étudient les feuilletages transversalement projectifs sur les surfaces et obtiennent un théorème de type Riemann-Hilbert (réalisation de monodromie). Dans sa thèse, Gael Cousin utilise ces outils pour classifier les feuilletages transversalement projectifs de bas degré sur CP(2). Motivé par ce contexte,
F. Loray étudie les déformations isomonodromiques des connexions de rang 2 sur les courbes. Il considère le cas du tore privé d'un point et démontre que la variation du fibré vectoriel sous-jacent à une telle déformation est solution d'une équation de Painlevé ; ceci généralise un des résultats précédemment obtenus avec Felix Ulmer et M. van der Put. Dans sa thèse, Viktoria Heu construit une déformation isomonodromique verselle pour les connexions de rang 2 sur une courbe quelconque, puis elle démontre que le fibré vectoriel sous-jacent est maximalement stable le long de la déformation. Karamoko Diarra cherche à construire des déformations isomonodromiques explicites.
F. Touzet classifie, en collaboration avec M. Brunella et J.V. Pereira, les variétés complexes k&aulm;hleriennes dont le fibré tangent est décomposable. Il décrit les feuilletages holomorphes de codimension 1 dont la classe canonique est triviale. Actuellement, il s'intéresse aux feuilletages complexes transversalement Riemanniens de codimension quelconque.
Luc Pirio travaille principalement sur l'étude des tissus dans un cadre holomorphe et apporte des réponses substantielles au problème de la caractérisation des tissus de rang maximal (problème décrit par Chern et Griffiths comme étant l'un des plus important en géométrie des tissus). En collaboration avec D. Marin et J.V. Pereira, il a montré qu'il existe des d-tissus exceptionnels sur le plan projectif quel que soit d>4. Puis avec Pereira, ils ont classé les tissus CDQL exceptionnels sur P^2. Dans un autre travail avec Trépreau, ils montrent qu'à contrario, les tissus de rang maximal de codimension >1 sont "essentiellement" toujours algébrisables. Ils précisent le sens du terme "essentiellement" en montrant (via des exemples explicites) qu'il existe des cas très particuliers où le terme "algébrisable" doit être pris en un sens plus général que le sens habituel. La preuve des résultats avec Trépreau passe par la description quasi-complète d'une classe très spécifique de variétés rationnellement connexes.
Monica Manjarín a passé deux ans dans l'équipe et travaille sur la géométrie de contact et presque complexe.
Elle étudie le rapport entre les structures normales de presque contact (NACS) et les variétés complexes possédant des
champs vecteurs non triviaux ; elle obtient en particulier une obstruction à être Kählérienne. En collaboration avec M. Nicolau et J.-J. Loeb, M. Manjarín a construit des NACS non-invariants sur les groupes de Lie compacts. En collaboration avec J. Amorós et M. Nicolau, M. Manjarín a étudié les variétés Kählériennes compactes X munies des champs vecteurs sans zéro. Ils ont décrit une classe de déformations et donné des résultats de structure à déformation
et recouvrement fini près, et en tirent des conséquences sur la dynamique des champs sur ces variétés.